Les équipes de MSF ont loué un bulldozer pour enlever les décombres d’une clinique du ministère de la Santé endommagée. Les équipes installent une nouvelle clinique de MSF à Jabalia, au nord de Gaza. Palestine, 2025. © Nour Alsaqqa/MSF
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Gaza : pénurie de fournitures médicales essentielles après un mois de siège imposé par Israël

La pénurie de médicaments contraint les équipes de Médecins Sans Frontières (MSF) à panser les plaies sans analgésiques et à rationner les médicaments essentiels.

En raison du siège imposé depuis un mois par les autorités israéliennes à Gaza, en Palestine, certains médicaments essentiels sont désormais en rupture de stock ou seront bientôt épuisés. C’est ce qui risque de priver les personnes de soins de santé essentiels, alerte Médecins Sans Frontières (MSF).  

Alors que les forces israéliennes continuent de bombarder la bande de Gaza, la privation de biens essentiels, comme la nourriture, l’eau et les médicaments, risque d’entraîner un grand nombre de complications médicales et de décès. MSF appelle les autorités israéliennes à cesser immédiatement ces sanctions collectives et à mettre fin au siège inhumain de Gaza. Elles doivent aussi prendre leurs responsabilités en tant que puissance occupante et faciliter l’entrée de l’assistance humanitaire à grande échelle. 

Depuis plus d’un mois, aucun camion d’assistance humanitaire ou commercial n’est entré à Gaza, marquant la plus longue période sans acheminement de biens et de denrées dans le territoire depuis le début de la guerre. Le 2 mars, les autorités israéliennes ont imposé un siège complet à Gaza. Le 9 mars, elles ont coupé l’électricité, nécessaire au fonctionnement des usines de dessalement de l’eau. Ce blocus total de l’assistance humanitaire et de l’électricité a privé les communautés de la plupart des services de base, ce qui s’apparente à une sanction collective. 

« Les autorités israéliennes condamnent la population de Gaza à des souffrances insoutenables avec ce siège meurtrier », déclare Myriam Laaroussi, coordonnatrice d’urgence de MSF à Gaza. « Cette atteinte délibérée aux personnes est comme une mort lente; elle doit cesser immédiatement. » 

Une famille déplacée arrive à bord d’un tuk-tuk dans la ville de Beit Lahia, au nord de Gaza. Palestine, 2025. © Nour lsaqqa/MSF

Le siège a contraint les équipes de MSF à rationner les médicaments, notamment les analgésiques, et à fournir des traitements moins efficaces, voire à refuser des personnes ayant besoin d’assistance médicale.  

Les équipes manquent également de matériel chirurgical comme les anesthésiques, les antibiotiques pédiatriques et les médicaments pour les maladies chroniques comme l’épilepsie, l’hypertension et le diabète. En raison du rationnement, dans certains centres de soins de santé primaires, nos collègues pansent les plaies des personnes blessées sans pouvoir soulager la douleur. 

En outre, les équipes de MSF ne sont plus en mesure de donner des poches de sang à l’hôpital Nasser en raison d’un manque de stock, tandis que l’afflux de personnes blessées de guerre se poursuit en raison des attaques israéliennes incessantes. 

Le manque de savon et d’eau potable entraîne une augmentation du nombre de personnes souffrant d’affections cutanées dans les cliniques de soins de santé primaires de la bande de Gaza. En février, les équipes de MSF ont traité 565 cas d’affections cutanées à la clinique Al Hekker de Deir Al Balah et 1 198 cas à la clinique Al Attar de Khan Younès. En seulement deux semaines en mars, le nombre de cas à Al Hekker avait déjà atteint 437, soit près de 80 % du total de février. À Al Attar, 711 cas avaient été traités, soit près de 60 % du nombre de cas observés en février. 

« Je n’ai plus de médicaments pour ma tension artérielle. Mon fils a cherché pendant deux jours et n’a pas pu en trouver. »

– Sobheya Al-Beshiti, patiente de la clinique de MSF d’Al Attar, à Khan Younès

En raison du blocus, les équipes de MSF ne sont pas en mesure de fournir des médicaments pour traiter les affections cutanées, se contentant de petites quantités de lotion pour soulager la douleur. Les affections cutanées comme la gale nécessitent un traitement pour toute la famille afin de prévenir la propagation et la réinfection, ce qui est impossible sans médicaments ni eau potable. 

Pour les personnes atteintes de maladies non transmissibles, comme l’hypertension et le diabète, l’absence de traitement peut entraîner de graves complications, telles que des handicaps permanents, voire le décès. Depuis le blocus, ces personnes ont reçu des médicaments ne couvrant leurs besoins que pendant sept à dix jours.

Des personnes attendent de recevoir des soins au centre de soins de santé primaires Sheikh Radwan, soutenu par MSF, à Gaza. Palestine, 2025. © Nour Alsaqqa/MSF
Un membre du personnel de MSF s’entretient avec un patient au centre de soins de santé primaires Sheikh Radwan, soutenu par MSF, à Gaza. Palestine, 2025. © Nour Alsaqqa/MSF

« Je n’ai plus de médicaments pour ma tension artérielle. Mon fils a cherché pendant deux jours et n’a pas pu en trouver », explique Sobheya Al-Beshiti, une patiente de la clinique de MSF d’Al Attar, à Khan Younès. « Que puis-je faire? Rester sans traitement? Si je ne prends pas mon anticoagulant, mon nez se met à saigner et je crache du sang. » 

Pendant le mois du ramadan, les personnes venues chercher des soins aux cliniques de MSF ont fait état de perte de poids et d’un manque d’accès à une alimentation adéquate. 

« En ce moment, mon taux sanguin est bas et mon poids aussi. Il n’y a pas assez de nourriture pour me permettre de prendre du poids ou d’augmenter mon taux sanguin », explique une femme enceinte dans une clinique de MSF à Mawasi, Khan Younès. « La hausse des prix est un énorme problème dans la ville : les gens n’ont tout simplement pas les moyens d’acheter des produits de première nécessité, car tout est très cher. »